01 décembre 2010

La peur dans les films d’horreur

Mathilde est super-fan de cinéma, et en particulier des films d’horreur. Des films d’horreur, il y en a de multiples espèces : slasher (tout le monde meurt à la fin), gore (le sang qui gicle), thriller (policier à suspense), survival, angoisse, science-fiction, film d'anticipation, fantastique....

Vous êtes perdu ? Mathilde explique pour les vidéos du succès de PPC & HK les ressorts qui font peur dans ces fameux films d'horreur.
 Brrrrrrr !


1) le cadre :
Le cadre doit être soit extrêmement décalé d'emblée (Alien, Hostel), soit très banal, mais avec un événement déclencheur qui met mal à l'aise (Halloween, Vendredi 13, Massacre à la tronçonneuse...). On peut également se servir d'une relecture historique d'événements passés (La Tranchée, L'échine du diable, Le labyrinthe de pan, Frontières) avec un effet véridique "basé sur des faits réels". Les lieux sont obscurs, claustrophobes (Saw, Cube, Evil dead, Hantise) car le personnage principal ne doit avoir qu'une envie : la fuite. Le cadre familial traumatique est extrêmement employé, avec des rapports familiaux difficiles, que le personnage devra dépasser pour survivre.



2) un vrai méchant
Il existe énormément de méchants différents, et ils portent tous le film sur leurs épaules. Il y a les serial killer, morts ou vivants (Freddy, Halloween, Vendredi 13, La Colline a des yeux, Massacre à la tronçonneuse, Wolf Creek) des monstres extra terrestres  (Alien, Predator, The Blob, La Chose) ou autres (les loups-garous, les vampires, les zombies) sans compter les éléments diaboliques ou spirituels (diables, fantômes, possessions, sorcières : L'exorciste, L'exorcisme d'Emily Rose, le dernier exorcisme, Jusqu'en enfer, Mirrors, les autres). Voire même les méchants invisibles, pour les films d'épidémie (Les infectés, The Crazies) représentés souvent par des méchants scientifiques (ou militaires !) dépassés par leur invention (The mist). Il ne faut pas oublier les animaux (Les dents de la mer, Piranhas, Anacondas...) Et les végétaux (Les Tomates tueuses !!). Souvent, alors que le méchant est clairement identifié, ses motivations restent dans l'ombre (Martyres).

3) des héros stéréotypés

La question du héros est assez complexe, car le héros doit être sympathique, pour que l'on s'y attache et qu'on veuille sa survie, mais le spectateur veut qu'il y ait des morts. il s'agira donc souvent des personnages secondaires, et stéréotypés : blonde naïve à gros seins, personnage noir qui meurt souvent dans les premiers (bien que la tendance se perde actuellement) : La dernière maison sur la droite, Paris Hilton dans La Maison de cire, Jeepers Creepers. Globalement les héros sont beaux, jeunes, naïfs, et le film leur sert d'apprentissage (à moins qu'ils meurent tous, bien sûr). Mais le héros principal survit souvent, en sort grandi, de manière à ce que le spectateur s'approprie l'histoire (Les Ruines). Il existe une autre catégorie de héros, où les personnages jouent sur un registre comico-gothique, et le spectateur est partagé entre le rire et l'appréhension (Bad taste, Shaun of the dead, Le bal des vampires) ou encore un registre loufoque et malsain (La maison des mille morts et Devil's rejects, du bizarre Rob Zombie)

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4) Sons et effets spéciaux, costumes et armes
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La musique et les sons sont primordiaux, notamment quand on s'intéresse au premier massacre à la tronçonneuse de Friedkin, où les effets sonores de manipulation de viande ont causé des crises d'hystérie chez les spectateurs. La bande sonore qui apparaît d'un coup avec la menace et fait sursauter est bien sûr une grosse ficelle, souvent utilisée au second degré, ou bien contournée par le réalisateur qui crée une fausse première attaque pour mieux dissimuler la seconde.
Les effets spéciaux, trucages et maquillages constituent souvent un bon budget de la production : prothèse en tout genre, maquillage, faux sang, fausses cicatrices, plaies purulentes, lentilles.. sans parler des bébêtes en tout genre animatronics, marionnettes, FX 3D. Mais les films d'horreur ont souvent de petits budgets, on comprend donc que les réalisateurs jouent plus sur l'allusion ou la simple symbolique pour choquer (Répulsion, Amytiville, L'Orphelinat)
Pour finir, le méchant (ou le gentil si celui ci devient méchant par la force des choses comme Carrie) est caractérisé par un costume ou une arme qui revient dans tous les sequels (= suite commerciale ou non) et prequels (= films expliquant l'origine du méchant). Le gant à griffes de Freddy, le masque blanc et couteau de cuisine pour Halloween, la machette et le masque de hockey pour vendredi 13, la tronçonneuse pour massacre à la tronçonneuse, le masque clouté de hellraiser) ce sont des codes indépassables auxquels sont liés les plaies et les bruits de l'action. Et le marketing !



5) Le sexe
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On vous le dira : aucun bon film d'horreur sans sexe ! Cela s'explique par le fait que le genre est massivement produit aux Etats-Unis, pays relativement puritain et se questionnant beaucoup sur le sujet et sa représentation. Il peut s'agir de relations "normales" entre jeunes qui seront punis par la suite (Vendredi 13, Cabin fever). mais il y a aussi des viols par les agresseurs (La colline a des yeux, La dernière maison sur la gauche) qui pose la question de la grossesse (La colline a des yeux 2, Rosemary's baby). On peut même assister à des scènes de relations consentantes entre humains et monstres (La mutante et le récent Splice)



6) La manière de filmer
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Un bon film d'horreur montre peu et suggère beaucoup : c'est pourquoi les réalisateurs préfèrent un cadrage rapproché qui laisse beaucoup de hors-champ, une image floue, parfois mauvais en dv (Paranormal activity, Blair witch) les films trop léchés et stéréotypés (Scream) ayant donné lieu depuis à énormément de parodies (Scary movie) Le cadre est souvent plongé dans l'obscurité (Alien) Ce peuvent être les victimes qui tiennent la caméra (Blair Witch) ce qui donne une plus grande proximité dans l'action. Il n'est pas rare que le réalisateur apparaisse dans ses films, comme le faisait Hitchcock, ou comme Peter Jackson, ou que l'œil de la caméra soit maculé de sang, pour plus de réalisme. 



7) Le rebondissement final

C'est un passage obligé, un code afin que le film puisse préparer la venue d'une « sequel ». le méchant, souvent increvable, noyé, étranglé, égorgé, éventré, shooté d'une balle dans la tête, pendu et trainé dans toute la ville, finit par se redresser d'un coup et se jette sur l'héroïne blonde et menue qui lui a fait subir tout cela. Survivra-t-elle ? Générique, tonitruant en général. Le film d'horreur n'est pas fait pour donner des réponses, mais pour soulever des questions (Cube, Martyres, Saw) qui mèneront à la sortie de la salle à des débats acharnés... et à un buzz dans les médias. Car le film d'horreur, consacré sous-genre peu noble, vit de sa notoriété populaire, de son public adolescent devenu adulte et toujours aussi fanatique.

Conclusion : on assiste à un retour du marketing viral depuis Blair witch, à l'instar de films qui dans leur temps qui avaient créé une véritable hystérie (Cannibal holocaust). En jouant sur la peur du vrai, les réalisateurs et responsables marketing font croire que les films sont réels et étendent à l'ensemble des médias une terreur fake mais délectable. Avec le renouveau des films d'horreur américain (les membres du Splat pack comme Eli Roth) ou français (Pascal Laugier, Alexandre Aja) on assiste à un renouveau du genre, plus gore, plus explicite, plus assumé, après la vague de thrillers des 90's.

Les films d'horreur ont encore des jours sanglants devant eux ;-)



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